Le 26 septembre, le monde célèbre la Journée mondiale de la contraception autour du thème : Un choix pour tous – autonomie, intention, accès.
Au Bénin, quatre sages-femmes exceptionnelles rappellent, chacune à sa manière, que la planification familiale n’est pas seulement une question de santé : c’est une question de dignité, de liberté et d’avenir.

BARRES FOUSSENI Hayaath : « Une grossesse non désirée peut éteindre l’avenir d’une jeune fille »
Spécialiste en Santé Sexuelle et Reproductive, Hayaath BARRES FOUSSENI est sage-femme diplômée, fondatrice de l’association WANROU qui œuvre pour une meilleure santé sexuelle des filles et des femmes en communauté.
Depuis plus de six ans, elle accompagne dans sa pratique clinique les femmes et les jeunes dans leur santé reproductive. Convaincue que le changement naît de la proximité, elle a choisi d’élargir son action en allant directement à la rencontre des communautés, pour briser les tabous et ouvrir le dialogue autour de la contraception.
Son engagement est né d’un constat douloureux : trop de jeunes filles voient leurs rêves brisés par des grossesses non désirées. Elle se souvient d’un cas marquant : une jeune fille de 21 ans, victime d’un avortement clandestin, est décédée après de graves complications. Cette tragédie l’a convaincue que la contraception est un combat vital.
À travers ses sensibilisations, formations et plaidoyers, Hayaath œuvre pour que chaque femme et chaque jeune puisse faire des choix éclairés. Mais les défis demeurent : tabous, stigmatisation et croyances limitent encore l’accès à l’information et aux services.
En cette Journée internationale de la contraception, son message est sans détour :
- Aux jeunes et aux femmes : « Informez-vous, protégez vos rêves, vos choix comptent. »
- Aux décideurs : « Renforcez l’accès aux services et à l’éducation, car la contraception est une question de vie ou de mort. »

Esther Leslie AGBO : offrir aux femmes liberté et équilibre
Sage-femme spécialiste en santé mentale, fondatrice de l’ONG Femme et Vie et de la Salle Rose, Esther Leslie AGBO a choisi d’unir deux dimensions souvent séparées : la planification familiale et le bien-être psychologique.
Inspirée par les femmes de son enfance, fatiguées par des maternités trop rapprochées, elle a décidé d’agir pour que chaque femme puisse vivre une maternité choisie, et non subie.
À travers ses actions, elle offre non seulement des informations fiables et des services de contraception, mais aussi une écoute psychologique qui aide à surmonter peurs et tabous. « La contraception est plus qu’un moyen médical, dit-elle, c’est une clé de liberté et de dignité. »
Son message est clair :
Aux décideurs : « Investir dans la contraception, c’est investir dans le bien-être des communautés. »
Aux jeunes et aux femmes : « Votre corps vous appartient. Choisir, c’est se libérer. »

Mahouna Véronique Grâce de Dieu AZATASSOU : innover avec le numérique
Très tôt confrontée aux réalités des grossesses non désirées, Véronique a choisi d’innover pour informer. Blogueuse à travers ta-sage.com, elle a aussi lancé un chatbot interactif qui répond aux préoccupations des jeunes filles et des femmes sur WhatsApp.
Aujourd’hui Medical Event Officer à REMA, elle contribue au programme REMA Health, qui combine santé féminine, nutrition et santé mentale, avec une ligne d’assistance gratuite.
Grâce à ces outils numériques, elle touche des milliers de jeunes et de femmes. « C’est en allant chercher les jeunes là où ils sont – sur internet et les réseaux sociaux – qu’on peut briser le mur des tabous », dit-elle.

Bénédicte : briser les tabous pour sauver des vies
Sage-femme passionnée et spécialiste en Santé Sexuelle et Reproductive, Bénédicte ADJAKPA s’engage depuis ses débuts à protéger les jeunes filles des grossesses précoces et des complications liées aux avortements à risque.
Elle rappelle qu’une information claire et sans jugement peut changer une vie. Elle se souvient d’une adolescente de 17 ans qui, après ses conseils, a pu choisir une méthode contraceptive et poursuivre ses études sans crainte.
Pour Bénédicte, « la contraception est un outil de liberté et de responsabilité ». Son appel est simple : investir dans la planification familiale, c’est investir dans l’éducation, la santé et le développement du pays
Des parcours exceptionnels, une même cause
Hayaath, Esther, Véronique et Bénédicte ne sont pas seulement des professionnelles de santé : elles sont des pionnières et des militantes.
Elles militent chacune avec leurs moyens – terrain, psychologie, numérique, accompagnement individuel – mais leur objectif est commun : que chaque femme, chaque jeune, puisse décider librement de son avenir.

En cette Journée internationale de la contraception, chacun a un rôle à jouer. Parents, jeunes, communautés et décideurs, informez-vous, sensibilisez autour de vous et encouragez l’accès à des services de contraception sûrs et adaptés. Utiliser les méthodes contraceptives, c’est protéger sa santé, ses projets et son avenir. Ensemble, nous pouvons réduire les grossesses non désirées, protéger les filles et les femmes, et construire un Bénin où chaque jeune fille peut vivre, apprendre et s’épanouir pleinement. Chaque geste compte : parler, informer, soutenir et choisir la contraception, c’est sauver des vies et préserver l’avenir.

